Précipité

27 mars 2008

Classé dans : Cheminements périphériques — jo @ 18:39

Marne-la-Vallée, novembre 1998-décembre 2003. [Livre]

Ce livre propose un montage de quatre éléments : un parcours photographique, des portraits, une série d’entretiens, des extraits de l’introduction de Geneviève Dubois-Taine à l’ouvrage collectif intitulé La ville émergente.

Ce parcours photographique se déroule pour l’essentiel dans deux communes Seine-et-Marnaise situées au cœur de la Ville Nouvelle de Marne-la-Vallée : Bussy-Saint-Georges et Saint-Thibault-des-Vignes. Deux anciens villages qui font désormais parties d’un maillage diffus de lotissements pavillonnaires, de zones d’activité, de centres commerciaux, de bases de loisirs, de complexes cinématographiques, de chaînes de restaurants, de voies rapides et de terrains agricoles encore exploités ou en friche. Cette forme d’urbanisation est aujourd’hui en France le mode prévalant d’expansion de la ville.

Cette périphérie-là incarne de façon emblématique dans sa conception, son organisation et son fonctionnement, les normes et les valeurs qui ont massivement investi la société française depuis le milieu des années 70. Elle nous renvoie dans ses moindres aspects à cette exaltation sans réserve des potentialités « libératrices » que constituerait la satisfaction pour l’individu de ses besoins purement privés, de ses désirs et envies intimes par la consommation, les loisirs, la communication et la vie de famille dans un environnement
« sain et sécurisé ». Elle est un des lieux par excellence de cette nouvelle conformité.

Ce livre est avant tout une série de rencontres avec des habitants du lotissement pavillonnaire de Saint-Thibault-des-Vignes. Nous avons voulu donner à entendre le quotidien des habitants de cette « ville émergente » érigée en modèle parce que leurs paroles intéressent peu. À cette occasion, nous leur avons proposé de discuter, d’interroger ce quotidien pour mettre en débat une évolution souvent présentée comme désirée, nécessaire et bénéfique.

Classé dans : Dans la Frontière — jo @ 18:31

Paris, Janvier-Mai 2003. [Exposition, CD, livre]

Au début du mois de janvier 2003, le collectif Précipité a engagé un travail de réflexion collective autour du mot « frontière » à l’intérieur du foyer Emmaüs de la rue des Pyrénées. Si nous pensions que le foyer était un endroit propice à une telle réflexion, c’est que la plupart des gens qui y trouvent aujourd’hui refuge ont connu à travers l’expérience de l’émigration ou de l’exil, puis à travers le séjour dans un pays « étranger », une expérience particulièrement forte de la frontière, de ses différents sens et fonctions. Notre proposition s’inscrivait au cœur d’une évolution qui voit depuis quelques années les Centres d’Hébergement d’Urgence accueillir un nombre croissant de personnes venues en France pour rechercher l’asile, les conditions d’une vie meilleure.

 Pendant quatre mois, nous avons organisé un travail de parole et d’écoute au sein du foyer. Au fil des semaines, nous avons ainsi réalisé une vingtaine d’entretiens individuels dans la chambre 41 du foyer, temporairement transformée en atelier. Le temps de cette halte au foyer, avant un nouveau départ, donner l’occasion de dire d’où l’on vient, les problèmes, les espoirs et les désirs qui ont poussé au départ, et puis aussi de raconter ce que l’on a découvert « ici » en arrivant d’« ailleurs ». Parallèlement, nous nous sommes réunis chaque lundi soir pour confronter l’ensemble de ces histoires et de ces réalités autour d’une table de discussion. Elle matérialisait pour nous le sens du travail : non pas seulement enquêter sur le problème des frontières à partir des témoignages recueillis, mais aussi et surtout, chercher en quoi ce problème nous interrogeait tous, permettait de réfléchir nos identités et nos situations au sein d’un contexte mondial. Ces réunions collectives ont donné lieu à la publication d’un bulletin hebdomadaire intitulé Les chroniques du foyer-monde.

 Là où nous aurions voulu ne pas nous arrêter à la seule dimension négative de l’existence des frontières pour décrire ce qui se jouait ou se préfigurait dans le fait de les franchir, les hébergés n’ont cessé de nous rappeler le caractère interminable de ce franchissement. Qu’il s’agisse des brimades administratives, des répressions policières, de la difficulté d’accéder à un statut juridique régulier ou à des conditions humaines de travail, la frontière ne cesse en effet de perpétuer son existence dans tous les aspects de la vie quotidienne. Le problème n’est plus d’être d’un côté ou de l’autre de la frontière, mais de demeurer en quelque sorte dans la frontière, dans une sorte de non-lieu définissant un régime d’exception et d’exclusion permanent.

Nous avons ainsi éprouvé le besoin de sortir du foyer et de passer une journée avec ceux qui accepteraient d’être nos guides dans ce que nous avions convenu d’appeler « l’intériorité de la frontière ». L’idée était de réaliser des parcours sonores en suivant les personnes dans les moments quotidiens de leur existence et dans les lieux qu’ils sont amenés à fréquenter. C’est ainsi que durant une semaine, nous avons parcouru Paris et sa région. Au cours de ces trajets, toute une géographie sociale s’est dévoilée à nos yeux : sous leurs pas, les lieux les plus ordinaires se divisaient, révélant des vécus différents, tous marqués par les traits de l’attente, de l’invisibilité et de l’errance forcées. Ces parcours sonores ont permis de pointer et de décrire des endroits marquant une division invisible de notre espace commun entre ceux qui ont des papiers, des droits et ceux qui n’en ont pas.

 Le projet Dans la frontière s’est achevé par une exposition les 16, 17, 18, 24 et 25 mai dans le réfectoire du foyer qui, pour l’occasion, a été ouvert sur la rue. Autour des montages sonores qui composaient le centre de l’exposition, des photographies, des affiches sérigraphiées, des textes d’analyse ainsi que les Chroniques du foyer-monde décrivaient la condition des hébergés. Ce travail a connu depuis différents échos et développements : un CD intitulé Dans la Frontière, qui a fait l’objet de plusieurs diffusions radiophoniques ; une série de courts films vidéos présentés au festival Neuro-networking europe de Munich et un livre également intitulé Dans la Frontière parut aux Éditions Khiasma Sud.

Classé dans : Magume (crise) — jo @ 17:41

Burundi, janvier-mai 2001. [Film vidéo]

En 1993, après l’assassinat du président Ndadaye, le Burundi est entré dans la guerre civile. Une démocratisation jugée exemplaire par la Communauté internationale débouche sur un conflit fratricide. L’historien Jean-Pierre Chrétien affirme en pleine crise burundaise qu’« une des plus anciennes civilisations d’Afrique s’effondre sous nos yeux ». Prisonnier d’une lecture raciale répandue depuis la colonisation au sein des élites et de la population, le piège éthnique s’est refermé sur le Burundi : des rébellions hutues aux milices tusties, deux identités sans aucun contenu culturel dessinent les contours de la politique burundaise.

Au sud du Burundi, à Buta, alors que les clivages éthniques poussent le gouvernement à fermer les écoles, Zacharie Bukuru, recteur du petit séminaire de la ville transforme son école en un lieu de parole. Au cours de discussions, les élèves confrontent leurs peurs et leurs mémoires de l’histoire du Burundi. Avec le soutien de tous les professeurs, Zacharie Bukuru réussit à maintenir l’unité.

En 1997, le Burundi n’est toujours pas sorti de la guerre civile. Le 30 avril, un groupe armé de la rébellion entre dans le séminaire de Buta. Il demande aux élèves de se séparer selon leur identité ethnique avec l’intention de tuer les Tutsis et d’enrôler les Hutus. Les élèves refusent. Quarante d’entre eux sont assassinés.

En janvier 2001, avec le soutien de l’ancien directeur de l’école, nous nous installons dans le séminaire de Buta. Des ateliers sont organisés. Nous proposons aux élèves de s’interroger sur le sens du geste de leurs camarades après un siècle d’histoire où l’on a voulu faire des Hutus et des Tustis deux peuples aux intérêts antagonistes. Quatre mois d’ateliers aboutissent à l’installation dans la cour de l’école d’une Table de négociation de paix imaginaire autour de l’identité burundaise. À travers un personnage de fiction, Magume, à la fois Hutu et Tutsi, de la ville et de la campagne, du Nord et du Sud, les quarante élèves interrogent dans ce film l’histoire du Burundi.

Trace d’une expérience collective, Magume a été pensé comme une invitation à la parole qui, partant d’une expérience singulière de résistance à la division et à la violence, donne à réfléchir sur l’histoire contemporaine du Burundi et du monde occidental.

Classé dans : Widerstand — jo @ 17:20

Forum Stadtpark, Gratz, Autriche, juillet 2000. [rencontre-projection-débat]

Au début de l’année 2000, l’actualité politique internationale place pendant plusieurs semaines l’Autriche au centre du débat public en Europe. L’entrée au gouvernement du FPÖ (Freiheitliche Parteï Österreich) de Jörg Haider suscite un vaste émoi dans les opinions et déclenche la première procédure de « sanctions » jamais engagée contre un pays membre de l’Union Européenne. Ce double aspect fournit le contenu essentiel de ce qui se communiquera pendant cette période : du côté des opinions, l’inquiétante question de la mémoire du nazisme dans une société suspectée d’«amnésie» et de «névrose» collective, du côté des États la réaffirmation des «valeurs» d’une construction européenne à la recherche de son moment politique. À la croisée de ces deux investissements de l’actualité, majoritaires mais sans doute «nécessaires», demeure néanmoins un point aveugle : l’Autriche, ses institutions, sa société — longtemps perçue comme l’accomplissement exemplaire du modèle social-démocrate en Europe occidentale. L’oscillation permanente des discours entre « l’hyper-signifiance » (toute la réalité du pays relue à partir du spectre de la seconde guerre mondiale) et « l’insignifiance » (le désintérêt total pour les recompositions tant sociales que politiques de la réalité autrichienne) dessinent alors le cercle des argumentations. Avec, au sortir de la «crise», une normalisation tristement prévisible nous abandonnant au point mort de la réflexion : nous n’en savions pas beaucoup plus sur l’Autriche, ni sur une Europe qui perdait là une occasion inédite de s’interroger sur elle-même.

L’objet de cette rencontre-projection était de confronter le public autrichien aux images qui avaient dominé le traitement par les médias français de la situation politique du pays après cette arrivée au pouvoir. Il s’agissait d’entamer ensemble une réflexion sur la communication des événements politiques à l’échelle européenne. Cette rencontre a donné lieu a un débat public enregistré qui était la dernière étape d’une enquête menée durant trois semaines dans le capitale autrichienne auprès des acteurs du mouvement de désobéissance civile (regroupés sous le slogan « Widerstand »). En multipliant les entretiens, en suivant les manifestations hebdomadaires, mais aussi en travaillant sur le « décor » de la ville par la photographie des monuments, bâtiments et lieux marqués par l’histoire de ces deux derniers siècles, nous avons cherché à produire une information plus circonstanciée du moment politique traversé par la société autrichienne.

Classé dans : 17 octobre 1961 — jo @ 16:18

Paris, octobre 1999. [Dispositif d’affiches]

Pendant deux années consécutives (1999 et 2000), le collectif Précipité a participé aux travaux et recherches du collectif Yalhaoui Larbi sur la mémoire du 17 octobre 1961. L’objectif de ce collectif, depuis fondu dans l’association 17 octobre 61 contre l’oubli, était de participer au processus de reconnaissance de ces événements comme véritable « crime d’État ». Cette collaboration a débouché, les nuits précédant la commémoration, sur une campagne d’affichage dans les arrondissements de Paris qui ont été le théâtre de cette sanglante répression. Notre travail a consisté dans la conception et la réalisation d’un dispositif mural constitués d’affiches sous forme d’un montage d’archives photographiques et d’extraits du livre de Jean-Luc Einaudi répertoriant rue par rue et heure par heure le déroulement des exactions.

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5 février 2008

Gallery test

Classé dans : Non classé — admin @ 13:55

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